Ligue des droits de l’Homme

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Agir ensemble

pour un droit effectif au logement


Un diagnostic insupportable :

Neuf millions de personnes sous le seuil de pauvreté, il y a trois millions et demi de mal-logés, les bidonvilles se multiplient et trop de personnes sont à la rue, contraintes de recourir au 115 ou au samu social, des services surchargés et sans moyens suffisants, etc.

La Ministre du logement Cécile Duflot voudrait que les choses avancent : la loi ALUR sera bientôt votée, mais elle a été édulcorée par les lobbies de l’immobilier, les maires qui refusent de se dessaisir de leur pouvoir de construire au bénéfice des intercommunalités, etc. La garantie universelle des loyers est devenue facultative, leur mode d’encadrement critiquable…

Il faudrait construire davantage de logements sociaux, et s’en donner les moyens. Mais la crise du logement ne se résoudra pas uniquement par la politique du logement. Elle passe aussi par la résorption de la crise sociale. Certes Paris intra-muros atteint 20 % de logements sociaux, mais en réalité il ne s'agit pas toujours de nouvelles constructions, mais de réintégration dans le parc social de logements auparavant privés, ou de transformation de surfaces de bureaux. Il existe une réelle gabegie dans la construction de bureaux dont sept millions de mètres carrés en IdF sont vides (1,7M dans Paris). 90 % du parc immobilier de la France appartient au privé, et l’action du gouvernement doit composer avec un marché immobilier aveugle aux besoins sociaux .

Des revendications qui restent d’actualité :

Si l’horizon est toujours la construction de 500 000 logements dès cette année, c’est même l’urgence qui devrait être le maître-mot. A défaut, les familles les plus en difficulté attendront comme un soulagement la date butoir qui suspendra les expulsions.Au-delà des mesures d’urgence (moratoire des expulsions, régulation de l’augmentation des loyers, revalorisation des aides au logement), la LDH attend du gouvernement :

· une priorité donnée à la production de logements locatifs sociaux et « très sociaux », nécessaires aux plus modestes ;

· la fin des avantages fiscaux en faveur d’investisseurs privés qui entretiennent un marché immobilier financiarisé, générateur de profits ;

· une politique de l’urbanisme capable de lutter contre l’étalement urbain, facteur à usage intensif de l’automobile, d’isolement social, de gaspillage des sols, par la promotion d’un habitat dense qui garantisse la qualité de la forme urbaine et de l’espace public ;

· une politique foncière publique forte qui devrait être sous la responsabilité d’un service public du logement et de l’urbanisme ;

· le développement de procédures de concertation qui permettent, en amont des projets, de donner réellement la parole aux habitants.


Parce qu’il faut à la fois de l’urgence et de la permanence, la LDH participe au Collectif des associations unies pour une autre politique du logement et également au « 115 juridique ».

Parce qu’il n’y a pas de raccourci politique, ni de solution miracle, la LDH appelle à se saisir de toutes les occasions de rappeler que

- bénéficier d’un logement est un droit fondamental,

- être sans logement ou mal-logés ne signifie pas être sans droits !

Droit au logement